2020. Méditation sur la Purification au Temple (année B)

Enluminure d’un missel anglais. ca 1310. National Library of Wales

“Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification “. La vie du Christ se fonde dans la vie du peuple de Dieu en accomplissant les commandements qu’Il a lui-même imposés aux Hébreux du temps d’Abraham et de Moïse : la circoncision et le temps de la purification au Temple le huitième jour. Un temps où Dieu s’inscrit de manière définitive dans le corps humain pour redire son alliance, sa bénédiction pour tout circoncis. Parallèlement le temps de la circoncision a une dimension prophétique, c’est pourquoi aujourd’hui encore cela se fait sur un siège, nommé pour l’occasion « chaise d’Elie le prophète ». Parce qu’il y a la grande espérance du Salut, cet engagement à vivre de manière juste pour hériter du Royaume, c’est-à-dire de la civilisation de l’amour. Ce temps de prière est l’occasion de bénir le Seigneur, de remercier Dieu pour le don de la vie, car c’est à cette occasion que l’enfant reçoit un nomi, c’est-à-dire une place dans l’histoire du Salut. C’est donc un acte de foi qui répond à l’accomplissement de la Parole du Seigneur pour chaque nouveau-né masculin.

  1. Légitimité de la loi pour le croyant citoyen

Or nous pouvons observer deux aspects dans la Sainte famille, le premier est l’obéissance à la loi civile en se faisant recenser (même si cela pouvait paraître vain), et celui de s’astreindre au rite de la religion dans une culture donnée. « L’évangéliste Luc rapporte que Joseph a affronté le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem pour se faire enregistrer dans sa ville d’origine, selon la loi de recensement… (Il) prend soin de souligner que les parents de Jésus observaient toutes les prescriptions de la Loi : les rites de la circoncision de Jésus, de la purification de Marie après l’accouchement, de l’offrande du premier-né à Dieuii ». La loi de Dieu n’a pas sa nouveauté dans une rupture de la tradition, mais bien dans une meilleure intégration de l’amour et de ce qui est premier. Il ne s’agit pas d’être moderne, mais d’être vrai dans l’amour. Comme le rappelait le prophète Jérémieiii, ce n’est pas tant la circoncision de la chair, un acte extérieur, mais bien la circoncision du cœur, c’est-à-dire l’absolu d’un engagement pour Dieu et d’une conversion sincère qui engage une transformation de tout notre être, qu’il nous est demandé de vivre. Un engagement de tout notre être, qui passe par des signes visibles et qui demande une responsabilité de notre part, pour l’assumer dans tous nos choix.

  1. La circoncision et la purification, les rites de l’alliance

Le rite de purification est une prière d’action de grâce pour le don de la vie. « Le rite de la circoncision célèbre l’entrée de Jésus dans l’alliance et il annonce en même temps ” le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera verse pour vous et pour la multitude en rémission des péchés “. »iv Une volonté de faire ce que Dieu veut et d’accorder sa vie à la joie promise lors d’une union en relation. Avec Dieu, la communion est un chant de joie, une promesse absolue d’un avenir éternel, une vie dans l’Esprit Saint. Une vie opérant dans l’action de l’Esprit, faisant de nous des témoins de notre liberté en Dieu et, en même temps, marqués par l’universalité de l’appel à faire de toutes les nations des témoins du Christ. C’est d’ailleurs l’interrogation du premier concile de l’Eglise : Faut-il circoncire ? La réponse « fut une décision prise, reconnue comme inspirée par l’Esprit : il n’est pas nécessaire qu’un païen se soumette à la loi juive pour devenir chrétien. »v Cela nous fait comprendre que le Christ entre dans la culture de son pays et les exigences de la loi. Plus tard, dans le souffle de l’Esprit, Il propose une vie ancrée dans un témoignage de l’amour qui ne passe pas par l’obligation des rites, mais dans la réalisation de la vocation d’enfant de Dieu par le baptême et la confirmation. « Comme pour les autres rites, celui de la circoncision trouve en Jésus son « accomplissement ». L’alliance de Dieu avec Abraham, dont la circoncision était le signevi, atteint en Jésus son plein effet et sa réalisation parfaite, car Jésus est le « oui » de toutes les anciennes promessesvii. »viii Une fois que nous sommes baptisés, ce qui est premier, c’est d’annoncer le Christ Sauveur et se convertir vraiment, c’est-à-dire accéder à une vie dans l’Esprit Saint. La purification de tout notre être passe par le relation fraternelle afin de demeurer dans l’humilité et la grâce de la miséricorde pour chacun.

  1. L’Esprit Saint

Un récit de la purification avec, pour personnage, un homme habité par l’Esprit de Dieu et vivant sa foi en cohérence avec toute sa vie. Trois fois l’Esprit Saint apparaît à propos de Syméon et éclaire le récit d’une bénédiction de Dieu qui se vit à travers l’histoire des hommes. Il ne s’agit pas d’un homme au hasard, mais bien d’« un homme appelé Syméon » C’est toujours à une personne précise que Dieu s’adresse, une personne ayant orienté toute sa vie dans la recherche du Salut. Lorsqu’on vit les commandements du Seigneur, Dieu nous entend, c’est le sens même du prénom Syméon – Dieu a entendu. (avec la variante Simon qui est aussi le prénom de saint Pierre, le premier grand prêtre de l’Eglise nouvelle). Pour ceux qui vivent l’attente dans la foi du Salut, Dieu entend leurs désirs et se révèle. Comme si la première purification que nous devons faire dans notre vie était d’écouter la Parole de Dieu, la faire germer dans notre cœur et laisser résonner la réponse de Dieu, car Celui-ci vient à notre rencontre afin de nous embraser de son amour. Une vérité de la relation du croyant qui se laisse pénétrer par la connaissance de Dieu afin de le reconnaître au moment opportun. Une belle expérience de vie pour éclairer la Parole de Dieu d’un sens nouveau, afin de nous laisser transformer et ainsi garder l’oreille attentive. Notre chemin de libération dans le Seigneur est la sagesse de l’écouter, et la vérité de l’entendre dans nos choix de vie. La première purification est bien d’accueillir la Parole comme source de vie, c’est-à-dire source d’entendement. La Parole s’accompagne du souffle de l’Esprit pour entrer dans l’intelligence des Ecritures. Dans ce récit, trois fois l’Esprit Saint est cité concernant Syméon, pour signifier sa proximité spirituelle avec Dieu, cette communion d’un désir plus profond, jusqu’à l’attente du Salut éternel.

    1. L’Esprit Saint comme un choix de vie et le désir de Dieu

Nous pouvons qualifier la vie de Syméon (juste et pieux – ayant un esprit de piété – religieux) et sa recherche de la consolation d’Israël, c’est-à-dire l’attente du Salut et la démonstration de la tendresse de Dieu pour ceux qui lui sont fidèles et voient les signes. Or, l’Esprit Saint est justement cet Esprit de communion qui retire tout homme de la solitude, pour lui montrer la sollicitude de Dieu dans sa vie et sa présence aimante tout au long de son histoire, afin de le faire cheminer vers le Salut promis. Il vient dans notre histoire et dans notre désir, pour l’orienter vers la promesse de bonheur de la civilisation de l’amour éternel.

« L’Esprit Saint était sur lui. » Syméon avait une pratique de la vie dans l’Esprit Saint ancrée dans la fidélité et la piété avec Dieu. Nous apprenons qu’il est était un homme juste, c’est-à-dire fidèle à la Loi du Seigneur et méditant dans son cœur les commandements, jusqu’à laisser résonner la Parole au plus profond de lui-même, entendant ainsi la réponse de Dieu et entrant en dialogue avec Lui. Un ami de Dieu, qui vivait la prospérité de la foi dans l’ajustement de sa vie à la volonté de Dieu, pouvant ainsi contempler son œuvre dans l’avènement du Christ – le Messie. Être juste est un aspect de la sagesse pratique de la Parole, une manière d’exercer par ses choix de vie son désir de Dieu, une manière d’honorer Dieu dans l’exercice de l’office de prière, que ce soit au temple ou chez soi. Ce qu’il est demandé de faire pour construire sa vie de prière, une disposition extérieure de la piété qui fait signe, comme aller à la messe et vivre la liturgie. Des signes visibles de notre attachement à Dieu, mais qui peuvent se vivre comme des signes extérieurs de piété, alors qu’ils doivent être d’abord des signes intérieurs d’attachement à l’amour de Dieu. Ce qui est juste, d’ailleurs, c’est la concordance entre la vie intérieure et les actes posés. Il nous faut rappeler pourtant qu’il y a une certaine justice à pratiquer sa foi dans la pratique communautaire et ecclésiale. L’amalgame entre pratiquant et grenouille de bénitier est injuste et prouve une ignorance crasse du bon sens des fidèles et l’impératif de la ferveur comme exercice de sainteté.

L’appel à la justice demande d’honorer les commandements et de pratiquer dans une vérité des actes par des déplacements salutaires. Aller à la messe est un acte positif, prier ensemble à la maison et témoigner de sa foi autour de nous sont des actes positifs, ils signifient l’ajustement de notre vie avec la vie de Dieu, dans l’amour reçu, vécu et partagé. Être juste, c’est donc vivre notre foi dans la fidélité à la Parole, et la persévérance dans tous nos actes, malgré le temps qui passe. C’est aborder le temps avec courage, pour témoigner de la grande espérance du Salut, et avec foi, pour laisser la lumière briller dans nos ténèbres et ainsi accomplir avec la force de l’Esprit le dessein de Dieu.
Or, la vie de famille demande du courage pour assurer une éducation juste à nos progénitures et, en même temps, la force de durer dans le temps pour ne pas varier de cap et leur assurer un avenir ancré dans la familiarité avec le Seigneur. C’est pourquoi il nous faut faire le déplacement jusqu’à Jérusalem, la ville du Roi et la ville de Dieu, signifié par le temple et la présence du Très Haut dans le Saint des Saints. Dans notre aventure spirituelle, être juste c’est faire le choix libre d’aller vers Dieu et, une fois la démarche lancée, L’accueillir dans notre vie comme lieu de bienfaisance.

Si nous récapitulons, la justice de Syméon se voit aussi par sa proximité avec le Temple, où il va souvent prier et où il est présent pour aider à l’accomplissement de la loi d’Israël. Il nous faut entrer dans cette démarche de prière incessante, à travers toutes les occasions de notre vie. Nous laisser saisir par l’amour et répondre à l’amour dans nos choix portés par le dynamisme de l’amour.
Que veut dire être religieux ? Est-ce donc une question de pratique ? Il s’agit avant tout de développer une vie de ferveur envers Dieu, une vie de piété, c’est-à-dire de prière et de vie selon les Ecritures. Nous comprenons tout de suite que l’esprit religieux ne peut s’épanouir que dans une vie juste. Ainsi les deux termes religieux et juste sont similaires, néanmoins l’aspect religieux rayonne d’une manière significative dans la relation des hommes avec les autres hommes alors que le juste est d’abord ajustement à la volonté de Dieu et fidélité dans la relation de l’homme à Dieu. C’est pourquoi justice et piété sont intimement liées car, à chaque fois que nous parlons de médiation avec Dieu, nous parlons aussi de médiation avec nos frères. Nous ne pouvons jamais opposer les deux médiations car, même si la médiation avec Dieu est première, elle ne pourra jamais être exclusive du prochain. En d’autres termes, la fraternité est aussi une expérience de la divinité. Dans le sens où, lorsqu’on vit la vraie fraternité, il y a toujours Jésus au milieu de nous.

L’esprit de piété signifie l’intégration du commandement de Dieu dans les profondeurs de notre être. Il y a une intériorité à développer cette ferveur, pour percevoir ainsi le véritable désir de Dieu, comme une morsure dans l’âme, une brûlure de l’être, cela peut être douloureux, comme une privation que l’on peut vivre dans la chair, notamment avec la circoncision, une purification intérieure et parallèlement un dévoilement de l’amour de Dieu, comme un appel à être tout en Lui et éternellement avec Lui. « Puisque c’est l’amour que Dieu nous a donné, n’ayons plus peur, mourons tous les deux… »ix C’est-à-dire mourons au service de Dieu et en relation avec le monde qui passe, pour nous attacher à la joie de Dieu et la vivre pour la vie éternelle. Cette ferveur incandescence nous laisse nous consumer totalement pour assumer notre vocation de fils de lumière, citoyens de la civilisation de l’amour, témoins de la vie de l’Esprit.

    1. L’Esprit Saint comme une annonce prophétique de l’alliance aujourd’hui

La deuxième mention de la vie de l’Esprit Saint est « l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. » Il y a une démarche prophétique d’annonce du Salut. La prophétie n’est pas d’annoncer des événements historiques, quand bien même ils arrivent, mais d’aider à la conversion des cœurs et à l’annonce du Salut. Toute prophétie venant de Dieu est orientée vers la grande espérance du Salut. Cela nous permet ainsi de discerner ce que nous entendons et de savoir si cela vient de Dieu ou du Malin. Mais l’aspect prophétique de l’Esprit demande une confiance de l’homme de Dieu qu’est Syméon, une grande foi, puisqu’il attend la venue du Messie, que l’âge avance… et qu’il continue d’espérer, fidèle au service du temple. Peut-être Pourrions-nous regarder notre vie et nous demander si nous pouvons être aussi fidèles, malgré les apparences contraires ?
Syméon attendait la consolation d’Israël, c’est-à-dire la réalisation de l’alliance messianique. Le peuple de Dieu ne vivrait plus dans la solitude du péché mais, avec le Messie, serait sauvé une fois pour toutes. Le Messie viendrait libérer des pesanteurs de la vie pour nous ajuster à la familiarité de Dieu et connaître ainsi le jardin des délices, le paradis, lieu de la béatitude céleste. L’attente de la réalisation de l’alliance demande une démarche prophétique, pour continuer de pratiquer la vertu d’espérance dans la confiance en Dieu, en nous laissant conduire vers la joie de la rencontre. La prophétie est l’écho dans le temps de l’alliance promise, le signe pour continuer d’espérer, de garder confiance. Cette possibilité de conversion pour retourner au Seigneur de tout notre cœur. L’esprit de prophétie continue l’œuvre du Créateur, en orientant nos choix vers ceux de Dieu.

Cette attente de l’action de Dieu dans notre vie a un impact sur notre foi, car elle nous rend vigilants aux signes, comme un guetteur de jour est attentif à tout ce qui se déroule, et reste vigilant sur ce qui se passe. De même, le veilleur de nuit reste posté, tous les sens ouverts, dont celui de la garde de son cœur afin de reconnaître son Seigneur. Le prophète est là pour nous les montrer. La consolation est bien une vie de communion avec Dieu qui se révèle pleine et entière et appelle à nous tenir prêts, les lampes allumées et les réserves pleines de cet échange incessant avec Dieu. Syméon écoute la Parole et entrevoit, dans ce dialogue avec Dieu, la consolation pour tout le peuple dans l’accueil du Messie. Au milieu de l’épreuve, nous voici invités à accueillir le Seigneur. Néanmoins, Aujourd’hui dans tous les domaines, que ce soit en famille ou à l’école et au travail, dans la vie sociale, nous sommes amenés à dire une parole de rupture face au laïcisme ambiant et invités à la conversion pour accueillir le Messie qui revient. « Dieu est justice et crée la justice. C’est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce. » x L’accueil du Messie pour l’observance de la loi est en même temps la joie de la rencontre pour Syméon avec son Seigneur. Parallèlement, il s’agit aussi de l’accueil du plan du Salut, même s’il n’a peut-être pas tout compris dans son application concrète ; mais c’est un homme juste, c’est-à-dire qui fait confiance en Dieu et sait se tenir prêt pour l’accueillir, signe d’humilité du cœur et de simplicité de vie pour être présent au Tout Puissant. L’accueil prophétique demande toujours d’être réceptifs aux Ecritures, de les laisser résonner dans notre cœur pour y percevoir la voix de Dieu et nous mettre en route à sa suite, pour quitter le pays de notre confort et aller vers la terre promise du Salut.

C’est un chemin d’humanité, qui demande la vérité de nos choix et la recherche d’aller vers la vie qui ne finit pas. Marie est la première sur le chemin de l’accomplissement de la volonté de Dieu dans la perfection de son corps et de son âme, c’est-à-dire immaculée conception (créé sans péché), son cœur toujours prêt à répondre oui à Dieu. Aussi le pape Benoit XVI terminait son Encyclique par une prière mariale : « sainte Marie, tu appartenais aux âmes humbles et grandes en Israël qui, comme Syméon, attendaient « la consolation d’Israël »xi et qui, comme Anne, attendaient « la délivrance de Jérusalem »xii. »xiii La consolation d’Israël, signifiait la délivrance de la ville de Dieu, c’est-à-dire très concrètement l’ouverture à toutes les nations.

    1. L’Esprit Saint et les motions intérieures

La troisième mention est l’action de l’Esprit Saint qui fait mouvoir Syméon au Temple. Une motion intérieure qui nous fait être là où nous devons être. C’est-à-dire que nous participons à l’œuvre de Dieu en obéissant à la voix intérieure et en accomplissant ce qu’il nous est demandé de vivre. Parfois, nous ne comprenons pas toujours, et cela nous paraît curieux, mais l’esprit de confiance nous fait comprendre qu’une vie dans l’Esprit Saint, même si nous ne comprenons pas, nous aide à mieux servir Dieu et c’est d’ailleurs ce qui est premier. Moins nous comprenons, plus cela nous maintient dans l’humilité et nous engage au moment opportun à nous émerveiller de la présence de Dieu, car Il nous a demandé, en conscience, de servir pour dévoiler son alliance éternelle.

Les motions intérieures, c’est ce qui nous invite à agir. Plus qu’un sixième sens ou le hasard d’une spontanéité, la motion intérieure se reconnaît dans l’invitation pressante à faire la volonté de Dieu. Comme une proposition d’aller à la rencontre de notre Seigneur à travers une démarche qu’il nous demande de faire. Un impératif d’être là, présents, et de répondre à sa demande dans la disponibilité de tout notre être. Néanmoins parfois, elle doit être discernée par nos frères et en Eglise, pour vérifier qu’elle vient de Dieu. Elle doit être vécue dans l’obéissance et une vie de prière ardente, autre nom de la ferveur. Elle doit s’inscrire dans la tradition apostolique et faire écho aux Ecritures. La motion intérieure doit se développer dans une paix intense et une joie présente. « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, Dieu seul suffit »xiv

  1. Synthèse

L’action de grâce se vit dans l’Esprit Saint, à la suite de Zacharie et du Benedictus, de Marie et du Magnificat, ou aujourd’hui de Syméon et du Nunc dimittis, « maintenant Seigneur ». Cette prière se prolonge dans l’Eucharistie qui est « par nature sacrement de la paix »xv pour vivre l’amour offert et accepté dans l’accomplissement des vies afin d’en devenir témoins. « Nous sommes rendus témoins de ce mystère d’amour. Souhaitons nous mutuellement d’aller pleins de joie et d’émerveillement vers l’Eucharistie, pour faire l’expérience de la vérité de la Parole »xvi, une vérité de la Parole, qui nous rend témoins de la compassion de Dieu pour chacun et de la consolation promise à tous. Oui, Dieu vient nous consoler et, par cette vie d’union, nous invite à la libération par le rachat de toutes nos fautes à travers le sacrifice du Christ. Oui, la purification du temple devient la purification de la croix, pour les témoins, et une annonce du Salut aux lueurs de Pâques, c’est là notre joie première. « L’émerveillement pour le don que Dieu nous a fait dans le Christ imprime à notre existence un dynamisme nouveau qui nous engage à être témoins de son amour »xvii Alors, à la fin de notre mission, en serviteurs inutiles nous pourrons chanter : « maintenant ô maître souverain, Tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix selon ta parole. »

Que pouvons-nous retenir pour cette semaine où nous accueillons notre Sauveur ? Peut-être qu’il nous faut rechercher la justice de Dieu, dans la fidélité à la Parole et la pratique de la piété, afin de vivifier nos relations fraternelles de cet espace où Dieu est présent. Le premier travail est à vivre en famille, pour remettre Dieu au cœur de nos relations et, dans cette crise sanitaire, retrouver le sens de notre vocation baptismale de prêtres, de prophètes et de rois. Vivons cette vie de l’Esprit en recherchant l’ajustement de notre vie à la Parole du Seigneur (et pas l’inverse – définition même de l’instrumentalisation) et la vie de piété dans la quête intense du désir de Dieu. Accueillons les motions de l’Esprit Saint pour rendre compte de notre attachement à Dieu : « chantez et jouez pour Lui, redites sans fin ses merveilles. »

27 décembre 2020 – Père Greg – Curé
Saint Charles Borromée – Joinville-le-Pont

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Sources

  • i Lc 1,59
  • ii Cf. Lv 12, 1-8 ; Ex 13, 2.
  • iii Jr 4,4, Si 3,26 – Dt 10,16
  • iv &123 directoire sur l’homélie
  • v &24 Redemptoris Missio
  • vi cf. Gn 17, 13
  • vii cf. 2 Co 1, 20
  • viii &11 Redemptoris Custos
  • ix &13 Pour Noël – Thérèse d’Avila
  • x &44 Spe Salvi
  • xi Lc 2, 25
  • xii Lc 2, 38
  • xiii &50 Spe Salvi
  • xiv Thérèse d’Avila
  • xv &49 Sacramentum Caritas
  • xvi &97 Sacramentum Caritas
  • xvii &85 Sacramentum Caritas

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