2019. Lettre de Noël

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Heureux les pauvres en Esprit car le royaume des cieux est à eux

 

            Se préparer à Noël, et accueillir le Fils Rédempteur apporte la délivrance grâce au renouvellement de tout notre être pour accueillir dignement le sauveur. La naissance du Christ nous introduit à une nouvelle humanité, rachetés du péché et recevant le don de la grâce comme lieu de réalisation de ce que nous sommes, et non comme un combat ou un marché de dupes que voulait nous faire miroiter le péché. Dieu veut vraiment notre bonheur et Il nous appelle à la joie.

 

            La première béatitude est celle de l’humilité. Notre culture française est devenue plus pauvre, puisque nous confondons le pauvre d’esprit (le fada, le simplet), avec le pauvre en esprit (celui qui cultive l’esprit de pauvreté en recherchant la simplicité en toute chose). Les nouvelles traductions préfèrent pauvre de cœur, pour montrer que c’est bien une disposition de  tout notre être. Simplement le cœur est le lieu des sentiments, alors que la pauvreté en esprit est le lieu d’une connaissance illuminée par la foi de ce que nous avons à vivre .Or c’est bien la simplicité en toute chose que nous avons à vivre à défaut d’aimer ;un appel à l’abandon pour nous ajuster dans la relation avec le respect de la création et le déployer autour de nous dans le rapport fraternel.

 

 

Esprit de fête

 

            Y a-t-il un esprit de fête spécifique à Noël, ou juste une réunion de famille joyeuse ? L’un n’empêche pas l’autre et la fête des fêtes est bien entendu Pâques. Tout cela est vrai. Mais nous ne pouvons pas confondre Noël avec un cortège de rituels dans un folklore païen reflétant l’esprit d’une boisson américaine et de chansons entrainantes qui laissent chanter les cloches sans réchauffer le cœur. Car Noël est le cadeau de Dieu à l’homme, une promesse réalisée qui fait de ce temps la solennité de la confiance. Oui, Dieu est fidèle, et son Fils en s’incarnant sur terre renouvelle notre humanité entièrement. Il est possible de vivre le dessein de Dieu malgré nos limites humaines. Et Marie comme premier disciple du Christ en est l’exemple.

 

            C’est une erreur de faire de Noël un rituel au lieu d’en porter la profondeur de la signification première, c’est-à-dire recevoir notre Sauveur, et voir la grande espérance du salut promis à tout baptisé.  Il y a bien un changement à vivre dans la conversion de tout notre être pour accueillir le Messie et transformer notre vie en déclaration d’amour envers Dieu dans la réalité fraternelle. Le temps a changé, puisque par l’incarnation, le Christ nous invite à une nouvelle humanité pour apprécier la fidélité du Seigneur et recevoir l’amour afin de le partager à travers le service de la charité.  Les temps changent lorsque nous laissons Dieu entrer dans notre vie, que nous lui faisons place, et que nous réévaluons la hiérarchie de nos valeurs pour aller à l’essentiel. Dans les villes esseulées, ce qui est fondamental c’est l’amour. Ce n’est ni l’esprit des grands magasins ni les fêtes de la cité qui rempliront notre cœur, mais c’est bien la présence du Seigneur.

            La fête est-elle une tradition ou une humanisation de notre histoire ? Dans la foi nous reconnaissons la présence de Dieu dans chaque moment de notre vie, et son intervention lorsque nous lui demandons. Il est vivant, il est présent, et il agit. La fête de Noël est la preuve qu’il tient ses promesses, et qu’Il veut nous sauver, c’est-à-dire, nous faire vivre d’amour dans la liberté de nos choix. Réveillons l’esprit d’amour dans la fidélité de nos engagements et la persévérance de la foi.  Il ne s’agit donc pas d’amoindrir les exigences de l’Evangile aux réalités de nos vies, mais bien dans l’humilité de la crèche accueillir celui qui vient et accepter la radicalité de la Bonne Nouvelle qui impose des choix, et fait vivre des renoncements.  La liberté n’est pas de vivre comme on veut  quand on le veut, mais de rechercher le meilleur bien et de le promouvoir par des choix puisant à la source d’eaux vives. Une liberté fondée sur des désirs mortifères est aliénante, suivre ses instincts dans la modernité du temps est promouvoir la fatuité du temps qui passe et une désespérance lancinante.  La société promouvant la consommation à tout va est vaine. Elle crée des injustices et devient source de violence. Elle désagrège le bien commun dans une recherche personnelle et individuelle des régimes de faveur dans l’insouciance des conséquences. La seule règle qui vaille c’est bien celle de l’amour et de vivre dans l’enracinement de notre histoire personnelle, dans la tradition familiale et culturelle, et accueillir ce réveil de la foi que Noël nous propose.

 

            Au cœur de la communauté chrétienne nous vivons ce temps familial avec le Christ notre frère, pour réveiller le monde de ses torpeurs et l’appeler à se recomposer autour du Christ et non dans la perte de sens et une vaine recherche d’argent de pouvoir ou de plaisir. La rencontre fraternelle n’est pas une convention mais elle est une invitation à vivre le don de soi même au service de la charité. Il ne s’agit pas d’une obligation mais bien d’une prédisposition de notre être dans la liberté du oui à conduire l’autre dans ce chemin de reconnaissance mutuelle d’un même Père. La liberté de l’amour demande une docilité de la volonté à être à l’écoute du souffle de l’Esprit Saint, une docilité à accueillir les signes que Dieu nous donne, et témoigner de cet amour autour de nous. La foi se vit dans les fêtes, centrés sur le Christ, et au service du prochain, en accueillant la réalité de l’autre mais en l’élevant pour lui révéler une réalité plus haute, celle de la transcendance de l’amour.

 

 

Noël une fête de la rédemption

 

L’amour donné par Dieu illumine notre vie d’un bonheur qui se partage comme lieu de vie.  Une transformation de tout notre être sous le regard du Christ pour recevoir la grâce de l’Esprit et partager cet amour vivant. « L’amour de tout être humain pour la vie ne se réduit pas à la seule recherche d’un espace d’expression de soi et de relation avec les autres, mais il se développe dans la conscience joyeuse de pouvoir faire de son existence le « lieu » de la manifestation de Dieu, de la rencontre et de la communion avec lui. »[i] Nous retrouvons alors notre appel des origines comme image de Dieu appelés à la ressemblance par les choix de vie que nous effectuons. Oui la vie pourrait nous faire paraitre comme la paille au vent ballotée dans la fatuité du quotidien, mais je suis sûr de cet amour de Dieu et je peux le partager à mes frères en disciple fidèle.

 

La fidélité de l’amour nous rappelle d’où nous venons et vers quelle promesse de salut nous allons. En effet dans l’espérance du salut, nous savons que Dieu veut le meilleur pour nous et qu’il appelle à une bénédiction dans tous les choix vers un meilleur bien que nous faisons. Le péché nous égare dans une perdition où nous combattons le funeste horizon en essayant une porte de sortie, mais elle ne peut s’ouvrir que dans la recherche du vrai et du bien et non dans l’aveuglement de nos manières de faire qui en oublient Dieu et le frère. « Dans les paroles de Jésus ….nous trouvons ….l’appel à former la conscience et à la rendre objet d’une conversion continuelle à la vérité et au bien »[ii] Car il ne s’agit pas simplement d’être spectateurs de la recherche de l’amour mais bien acteurs dans une conversion permanente pour nous ajuster au désir de Dieu et ainsi manifester sa présence dans notre vie.

 

Certes nous pouvons connaitre les errances, certes nous pouvons douter de tout, mais Dieu reste présent dans notre vie et attend un regard de notre part pour se manifester pleinement et entièrement. Il est là, près de nous, et d’un amour personnel pour chacune de ses créatures, car Il nous a créés pour une élection propre, et nous avons à accomplir notre tâche de co-création. Mais dans l’obscurité des ténèbres, nous questionnons la recherche du sens. Or c’est Jésus, le chemin la vérité et la vie qui nous donne le sens de tout ce que nous sommes. La vanité est dans l’absence de Dieu, nous au contraire nous sommes invités à la joie dans l’espace où Dieu est présent et dans la recherche de la civilisation de l’amour. « L’inépuisable recherche humaine dans tous les domaines et dans tous les secteurs en est la preuve éloquente. Sa recherche du sens de la vie le montre encore davantage »[iii] Nous avons ce désir de Dieu, et de la familiarité originelle du jardin d’Eden. Nous portons en nous cette expérience de Dieu et nous cherchons à la compléter par une communion encore plus forte. Certes, le péché originel nous a inclinés au mal, certes, cela devient compliqué avec nos frères qui ne nous portent pas toujours vers la lumière. Tout cela est vrai, mais la prière et la présence de l’Esprit Saint en nous, introduit à cette joie de sa présence dans notre vie, une évidence qui s’affiche comme une loi éternelle, mais que nous avions un temps oubliée.

 

Dieu nous aime, non d’un amour selon ce qu’on fait, mais d’un amour absolu qui ne recherche pas la mort du pécheur mais sa conversion. D’un amour plein de miséricorde scrutant l’horizon pour voir notre retour vers la maison du Père. D’un amour d’action de grâce dans la communion que nous acceptons de recevoir par l’Esprit Saint. « La réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, troublent profondément le cœur humain : qu’est-ce que l’homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché ? Quels sont l’origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur ? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui entoure notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ? »[iv]. Mais la méditation des Ecritures, la prière et le service de la charité fraternelle nous font trouver d’autres issues à notre appel spécifique. Nous participons à la création de Dieu lorsque nous développons la charité en nous et autour de nous. Nous retrouvons le sens dans cet ajustement permanent à la volonté de Dieu et la contemplation de son œuvre. Oui Jésus est le chemin de vie, à nous de le suivre.

 

Noël le corps dans sa vocation d’union à Dieu

 

            Le mystère du Verbe incarné ne se comprend pleinement que dans cette relation de complémentarité entre le corps et l’âme. Dieu s’est fait chair et nous invite avec le signe de nos limites du corporel à goûter à l’infini de Dieu que l’âme perçoit et transmet à tout notre être. «  Le corps, … et seulement lui, est capable de rendre visible ce qui est invisible ; le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché en Dieu de toute éternité et en être ainsi le signe. »[v] Nous rendons gloire à Dieu par notre corps lorsque nous le mettons en harmonie avec notre âme pour honorer le Seigneur et lui être fidèle. Le corps et l’âme participent au même mystère de Noël, un partage de l’amour et de la fraternité dans la réalité  de ce que nous sommes. Le langage du corps et de l’âme s’harmonise en vivant pleinement le don sincère de soi-même, c’est-à-dire en désirant Dieu et par une recherche de sa volonté. Ce corps dans ses données physiques et sexuées qui se construit dans sa vocation d’image de Dieu et se comprend comme œuvre du Tout Puissant. Ce corps qui avec l’âme ne fait qu’un dans la personne et la conscience qu’elle a d’elle-même, et vit sa propre liberté par rapport à la Parole de Dieu et des choix qu’elle pose. Le corps et l’âme sont voulus par Dieu pour nous introduire à la joie du Royaume c’est ce qu’annonce Noël, dans une culture juive de l’époque pour parler à toutes les cultures du monde et les Evangéliser dans l’amour. C’est bien par la personne humaine pleinement libre et à l’écoute des Ecritures que nous pouvons agir en artisans de paix et construire la civilisation de l’amour.

 

            L’incarnation du Christ nous révèle le vrai apprentissage de la liberté de l’amour dans l’obéissance à la Parole. Une conformité de toute notre vie à l’écoute du Seigneur pour répondre de notre propre élection à la ressemblance. Chacun de nous ressemble à Dieu en déployant les charismes qu’il y a déposés, et vivant de ses talents comme une responsabilité de ses propres richesses. En fait il faut bien découvrir que la nuit de Noël est signe de la liberté de l’homme dans le renouvellement de tout son être. Le Christ vient nous sauver et fait de la liberté un projet d’amour dans les actes que nous posons au jour le jour. « La personne, comprenant son corps, est entièrement confiée à elle-même, et c’est dans l’unité de l’âme et du corps qu’elle est le sujet de ses actes moraux. »[vi] L’incarnation nous révèle bien que l’homme n’est pas voué au péché, et le Sauveur vient nous réhabiliter pour nous mettre en marche vers le bonheur du don de soi et de la communion partagée.

 

            Le chemin de vie  en vérité c’est le Christ, lumière des nations car Il brille dans les ténèbres de notre humanité pour nous relier au Père dans le souffle de l’Esprit Saint.  Etoile du matin, il irradie toute notre humanité de sa présence. Il est comme un accomplissement de la création qui retrouve son sens au service de l’amour, une gratuité de la relation au service de la charité par un dynamisme de vie où s’attend une réponse.Le désir de voir le Père est en fait un désir de répondre à notre vocation de Fils de Dieu appelés à lui ressembler. « Comme nous le fait contempler le Prologue de l’Évangile de Jean, tout ce qui est se trouve sous le signe de la Parole. Le Verbe jaillit du Père et il vient demeurer parmi les siens et puis il retourne dans le sein du Père pour porter avec Lui toute la création qui, en Lui et par Lui, a été créée. »[vii] Il nous revient alors d’écouter la Parole et de la rendre naturelle dans notre vie pour témoigner de cette joie de croire. Plus nous sommes disponibles à la Parole, plus nous l’actualisons dans notre vie, plus nous connaissons une liberté dans la relation qui nous pousse à l’amour authentique qui est don, offrande, et langage du Royaume des cieux. Noel est une liberté choisie pour une fraternité retrouvée. Ainsi nous comprenons que l’amour est préparation au salut promis. Nous expérimentons dans la joie de la rencontre, cette Parole, car elle prend vie dans nos choix et fait de nous des témoins de ce que nous avons vu et entendu Une relation au Tout Autre qui fait de nous des témoins de l’invisible présent. La communion est alors le sceau d’authentification de ce que nous vivons, comme une manifestation de la rencontre avec Dieu dans le prolongement à l’attention fraternelle. « Chacun de nous est ainsi rendu par Dieu capable d’écouter et de répondre à la Parole divine. L’homme est créé dans la Parole et il vit en elle ; il ne peut se comprendre lui-même s’il ne s’ouvre à ce dialogue »[viii] Noël est ainsi cette découverte de la Parole prenant chair et révélant la communion intime entre le Créateur et le créé. Le signifiant de la création où est signifiée la présence de Dieu par la beauté et l’ordre établi. Une harmonie de la création que l’incarnation remet à sa juste distance. Il y a une beauté lorsque la nature humaine communie à la nature divine pour n’être qu’une seule nature en Christ. A la suite de Marie nous avons à continuer en disciples cette communion dans l’obéissance de la foi par tout ce qui fait notre personne.

            Le témoignage de notre foi est une annonce de la joie de la rencontre de Jésus car Il est devenu une présence dans ma vie. En effet l’adoration des humbles tels les bergers, et des puissants tels les mages, rappelle à tous le cadeau de Dieu fait à l’humanité par l’incarnation. Une prière d’adoration que nous sommes invités à poursuivre à travers l’Eucharistie, où Jésus se rend présent au milieu de nous. C’est une réorientation de ma vie et une transformation du cœur pour m’ajuster au refrain du bonheur. Tout prend un sens nouveau parce que Dieu est amour. « Mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. ». L’absolu de l’amour m’ouvre à la radicalité de la joie que personne ne peut me retirer. Le dynamisme du bonheur qui insuffle tous les espaces de ma vie en redisant l’amour de Dieu et l’exultation de la communion qui emplit tout mon être.  « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. »[ix] L’enthousiasme de la Parole dans notre vie et la réalisation de l’espérance lorsque nous vivons l’amour illumine cette fidélité à sa présence et rayonne d’une communion qui se fait inventive. La Parole de Dieu éclaire ma vie du sens de Dieu et de la réalisation de sa promesse, et elle ouvre à l’unité comme complément de l’amour. Jésus en s’incarnant nous rappelle que nous sommes tous frères. Lorsque la Parole s’invite dans mon histoire, tout y est cascade de grâces partant de la source de vie et œuvrant dans ce monde pour abreuver le sens de notre vocation de Fils.

 

            La Parole de Dieu oriente notre vie vers une relation à Dieu unique et particulière dans la réponse que nous donnons. L’Esprit Saint nous conduit dans un discernement de la Parole de Dieu dans notre aujourd’hui pour vivre pleinement la communion à sa sainte volonté, comme une liberté enfin retrouvée dans la complémentarité. « L’Esprit, qui agit au moment de l’incarnation du verbe dans le sein de la Vierge Marie, est le même Esprit qui guide Jésus au cours de sa mission et qui est promis aux disciples… sans l’action efficace de « l’Esprit de Vérité »[x] on ne peut comprendre les paroles du Seigneur »[xi] Dans ce temps de Noël il nous faut être dociles au souffle de l’Esprit Saint pour nous laisser guider vers un chemin de vérité de vie où Dieu est en premier. Noël est le temps de l’accueil de Dieu dans notre aujourd’hui. Fête de la joie et découverte de la paix de Dieu qui s’inscrit, lorsqu’il le faut,  dans un témoignage jusqu’à sa propre vie. Nous entrons dans un dialogue avec Dieu temps de communion de vie demandant un engagement exempt de toute compromission. La recherche de communion sous le souffle de l’Esprit et d’adoration à la crèche nous envoie sur les routes du monde à proclamer cette joie de croire.

 

 

 

 

Synthèse

 

Les pauvres de Dieu, les « anawim » en hébreux, c’est-à-dire, les doux, les craintifs,  les humiliés, ceux que l’on délaisse si facilement, sont les premiers témoins parce qu’ils savent être à l’écoute et vivre l’abandon du superflu pour aller à l’essentiel. C’est à eux en premier que Dieu se manifeste, en effet ils  ont cette ouverture naturelle à ne pas se croire auto suffisants, probablement aussi parce qu’ils ont une écoute plus importante dans ce que vit l’autre pour l’aider le cas échéant, Leur esprit est ouvert à d’autres réalités, sachant lire les pas de Dieu dans leurs vies. Ils ne sont pas lents à croire ils accueillent, ils n’endurcissent par leur cœur ils l’ouvrent à la venue du Sauveur. Que nous dit le prophète Isaïe ? « Les humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, les pauvres gens exulteront à cause du Dieu Saint d’Israël. Car ce sera la fin des tyrans, ceux qui se moquent de Dieu disparaîtront, et tous les gens empressés à mal faire seront exterminés » C’est bien cela Noël, la fin d’une tyrannie des bonnes pensées laïques qui oublient les commandements fondamentaux. « Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est un ». Pas d’idole dans le plaisir, la course au pouvoir et à l’écrasement du frère, car la violence blesse le cœur de notre Dieu en détruisant le propre de notre humanité. C’est Noël, il vient le Sauveur, et se révèle au pauvre, parce que dans ce détachement des choses, des avantages acquis devenus un poison pour les autres, une singularité du partage devenu un naufrage pour tous, le pauvre, lui ne s’attache qu’à l’essentiel, c’est-à-dire à Dieu et vit l’impératif de la fraternité dans une relation toujours ajustée à l’urgence de l’appel grâce à sa disponibilité et la gratuité de l’amour. Non seulement il sait se rendre disponible mais en plus il vit naturellement le partage dans cette recherche du bien pour chacun. « Heureux ceux qui ont un esprit de pauvreté, le royaume des cieux est à eux, Heureux les doux ils auront la terre en partage »

 

Père Greg – Curé – modérateur

St Charles Borromée – Joinville le pont

 

[i] &28 Evangile de la vie

[ii] &63 Veritatis Splendor

[iii] &1 Veritatis Splendor

[iv] NAE 1.

[v] TDC 19-4

[vi] &48 Veritatis Splendor

[vii] &121 Verbum Domini

[viii] &22 Verbum Domini

[ix] &1 Evangelii Gaudium

[x] Jn 14, 16

[xi] &16 Verbum Domini