Père José. Homélie du dimanche de l’Epiphanie, année B

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?

Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui »

Ce sont les paroles des mages que nous venons de suivre en ce dimanche de l’Epiphanie, la fête de la manifestation de Dieu, ce Dieu qui se révèle au monde entier.

L’Enfant-Dieu qui est né et dont nous continuons à célébrer la naissance se manifeste aujourd’hui à toute l’humanité.

Il dépasse ainsi le cercle restreint et fermé de sa famille, de sa nation, de sa race ou de sa couleur pour s’ouvrir à tout l’univers et être reconnu par tous les peuples.

Pour marquer cet évènement très ouvert et à caractère universel l’Eglise nous raconte le récit du voyage et de la visite des Mages.

Mais ces mages, qui sont-ils ? Et que peuvent-ils nous apprendre en ce jour d’Epiphanie ?

Dans l’extrait de l’Evangile que nous venons de lire, les Mages sont présentés comme des étrangers, des païens venus d’Orient, des hommes qui cherchent, qui marchent et qui aiment …

En fait, les Mages sont des chercheurs. Ils sont en quête de l’accomplissement de la Parole de Dieu par rapport à la naissance d’un grand roi, le roi des juifs.

Pour cela, ils étaient très attentifs aux signes des Temps. Et l’apparition de l’étoile était pour eux le signe que ce temps était arrivé, que cette Parole était accomplie.

Et sans hésiter, ils ont commencé à suivre cette étoile. Ils se sont laissés guider. Ils se sont mis en route. De ce fait, ils sont aussi des marcheurs, des pèlerins.

Ils ont quitté leur milieu, au risque de leur vie, pour aller à la rencontre de Celui dont les Ecritures annonçaient la venue et dont l’étoile signifiait la naissance.

Et, au bout de leur voyage, de leur longue marche, c’est l’enfant qu’ils ont vu. Ils ont rencontré un bébé, humble et fragile, dans les bras d’une simple jeune femme.

Et ce petit enfant, pauvre et fragile, les Mages l’ont aimé, l’ont adoré, se sont prosternés devant lui.

L’attention aux signes des temps et la confiance en la Parole de Dieu ont mobilisé les Mages et les ont conduits jusqu’à Jésus.

Ils ont cherché. Ils ont marché. Ils ont trouvé. Ils ont adoré …

 

Mais avant de quitter celui qu’ils ont cherché, trouvé et adoré, les Mages ont ouvert leurs coffrets et ils ont offert leurs présents.

C’est un grand geste qu’ils ont fait et qu’ils nous proposent de vivre, en ce jour où nous fêtons leur rencontre avec l’Enfant-Dieu : ouvrir nos coffrets et offrir notre présent.

Comme les Mages, nous sommes invités aujourd’hui à ouvrir nos coffrets car, il y a beaucoup de choses, tellement de choses dans nos vies et dans nos cœurs qui sont fermées à Dieu.

Et découvrir Jésus, lui ouvrir nos coffrets, c’est accepter de lui ouvrir notre vie, notre existence, notre cœur avec ses joies, ses espérances, ses réussites, mais aussi avec ses peines, ses douleurs, ses doutes, ses blessures et ses échecs.

Découvrir Jésus, comme les Mages, c’est aussi lui offrir notre présent. Il ne s’agit pas seulement de présent au sens de don mais de présent comme Temps. Et en ce sens, il n’est question ni du passé ni du futur, mais il est question d’offrir notre présent, c’est-à dire ce moment présent, précis et précieux que je vis et qui est peut-être caractérisé, marqué par la maladie, le deuil, le chômage, par cette haine que j’ai envers telle personne et que je n’arrive vraiment pas à dépasser, ou cette souffrance trop lourde que je ne peux (sais) plus supporter …

Découvrir Jésus, lui ouvrir nos coffrets et lui offrir nos présents c’est finalement lui ouvrir notre cœur et lui ouvrir notre vie pour qu’à son tour, il nous transforme et donne à notre vie

une bonne SAVEUR,

une nouvelle JOIE,

une véritable PAIX !

 

En célébrant cette fête de la rencontre des Mages avec l’enfant-Roi, nous allons porter dans nos prières tous ceux qui cherchent des repères dans leurs vies et tous ceux qui sont découragés parce qu’ils ont trop cherché et apparemment n’ont rien trouvé.

Afin que la lumière qui a éclairé et guidé les Mages soit leur réconfort et leur espérance.

Au cours de cette Eucharistie, nous allons aussi prier pour nous-mêmes. Nous allons surtout demander au Seigneur de nous accorder la grâce de lui ouvrir nos cœurs et nos vies, pour que nous soyons toujours capables de le chercher, de le trouver et de nous laisser transformer par LUI.

AMEN

Père José LIKINGI

Curé de la paroisse Sainte-Anne de Polangis

Joinville-le-Pont

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