« Revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours »

« Revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours » [1]

Notre vie de foi se concrétise dans la responsabilité de tous nos actes. Cela demande donc un engagement sans relativisme pour prendre notre part de responsabilité dans le bien commun au service de la cité. « Cette conscience d’avoir reçu ce don, de posséder en Jésus Christ l’amour de Dieu, fait naître et soutient la réponse responsable d’un amour total envers Dieu et entre les frères »[2]. Une conscience qui éclaire les choix de la cité d’une recherche d’un meilleur bien. C’est d’ailleurs notre vocation prophétique de témoigner de notre foi et de rappeler la valeur sacrée de la vie qui ne se tripatouille pas à travers les techniques médicales. Il nous faut dénoncer les errements hasardeux d’une folie technique appuyée sur l’émotion du désir, sans logique autre que « je peux le faire donc je le fais ». La  procréation médicalement assistée (PMA), qui va du bébé éprouvette à la gestation pour autrui (GPA) sont une impasse sociétale, une erreur humaine, et une fracture fraternelle.

Nous devons être responsables en réagissant contre la culture de mort, autre nom de la civilisation du déchet. Car c’est une course pour la performance rejetant tout ce qui ne correspond pas aux normes actuelles, déliées de toute assise morale au nom de la liberté individuelle, pour un monde de prestation où la technique remplace les processus naturels Le projet clive gravement la société, fait une brèche importante dans la notion du bien commun et organise une violence autour du droit de vivre. « Mais la valeur de la démocratie se maintient ou disparaît en fonction des valeurs qu’elle incarne et promeut: sont certainement fondamentaux et indispensables, la dignité de toute personne humaine, le respect de ses droits intangibles et inaliénables »[3] C’est clairement une impasse pour un projet de société respectant la dignité humaine, parce que cela demande une autorisation de vivre suivant des standards  sur des critères de qualité à appréciations variables. Une négation de ce qu’est l’homme dans la gratuité et amène à une perte des valeurs de la démocratie.

Peut-on envisager la naissance d’un être humain, comme la reproduction d’un organe ? La vie n’est-elle pas une providence de Dieu (ou un hasard pour les agnostiques), qui ne demande pas un calcul humain de détermination sur des algorithmes du seul désir ?  « La dignité de la personne doit être reconnue à tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle »[4] Ce serait une erreur de déterminer par des techniques médicales ce qui promeut la vie et ce qui est digne d’être vécu. Clairement nous favoriserions l’eugénisme, et ensuite la sélection du droit de vivre sur des critères beaucoup moins avouables.  La PMA serait en soi une erreur d’humanité quand bien même serait-elle revêtue d’un sentimentalisme sans autre logique que le désir et une liberté d’indifférence.

La problématique d’une naissance programmée suivant des critères qui tiennent compte des objectifs économiques pose la question de l’identité humaine, ne fusse que dans la recherche de ces traits morphologique et de l’identité génétique. Parallèlement elle autorise une procréation sur un bon vouloir humain calculé et selon des critères qui n’ont rien de moraux ni d’équilibrés. Y a-t-il encore une vraie fraternité lorsque c’est par des techniques et un souci économique que nous prévoyons la procréation ? Lorsque nous faisons un marché d’êtres humains à travers ce que l’on appelle pudiquement un amas de cellule qui constitue en réalité une personne en devenir ? « L’histoire de l’humanité atteste de la manière dont l’homme a et continue d’abuser du pouvoir et des capacités qui lui ont été confiés par Dieu, occasionnant diverses formes de discrimination injuste et d’oppression envers les plus faibles et ceux qui sont sans aucune défense. »[5] Comme une rupture de fraternité au nom d’intérêts particuliers qui en oublie la gratuité de la relation. Gratuité qui se comprend aussi dans l’accueil de la vie sans techniques intrusives

Nous devons manifester un désaccord profond, et faire entendre au nom de notre foi, notre voix de citoyen. « Ce n’est pas seulement le monde, mais aussi l’homme lui-même qui a été confié à ses propres soins et à sa propre responsabilité »[6] Il est illusoire de penser que cela pourra durer longtemps sans provoquer une fracture grave de la société emmenant une violence ingérable à moyen terme. Il est naïf de penser que l’impact économique ne se fera pas au détriment d’autres priorités, notamment sur les soins et la prise en charge des personnes. Il est peccamineux de se réfugier dans le spirituel sans s’apercevoir que nous initions des nouveaux jeux du cirque dans l’indignité humaine.

Nous avons à prendre nos responsabilités pour redire notre opposition à ce qui touche la dignité de l’homme dans son fondement et dans sa relation à l’autre. En face nous avons une idéologie de pestiférée tyrannique étendant ses ravages dans un totalitarisme de la pensée unique. Le manque de rationalité, les idéologies oppressives, relayées injustement par les grandes ondes médiatiques ne doivent pas nous embrumer la conscience. Cette requête d’intériorité à la recherche de la vérité de l’amour et qui demande l’ajustement à la volonté de Dieu, source de toute vie. Notre avenir, se vit dans l’espérance du salut, et les choix que nous posons doivent être orientés vers la recherche du bien dans la civilisation de l’amour. Oui ! La vie a un prix ! Celui du don de Dieu ! Elle a un cout ! Celui de la grâce…

Père Greg BELLUT

Curé modérateur – St Charles Borromée

Sources :

[1] Baruch 5,1

[2] &24 Veritatis splendor

[3] &70 Evangelium Vitae

[4] &1 instruction dignitas personae

[5] &36 instruction dignitas personae

[6] &39 Veritatis splendor

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