Méditation du 16 dimanche du T.O.

« Car tu es grand et tu fais des merveilles, toi, Dieu, le seul ».

 

« Il n’y a pas d’autre dieu que toi. » L’affirmation de foi indique l’unicité d’un Dieu qui se révèle en trois personnes. Un mode d’existence en trois personnes distinctes et en même temps en communion profonde, nous engageant dans un choix radical sans compromission. En effet, l’affirmation du seul vrai Dieu n’est pas relative à l’ambiance familiale, la culture ou au pays de naissance, mais elle est d’abord l’expérience d’une rencontre avec une personne, un dialogue amoureux de la bien aimée qui cherche son bien aimé et enfin trouve celui que son cœur cherche pour ne plus le lâcher. La rencontre appelle au dialogue et ouvre alors à la connaissance dans la recherche de la vérité. Jésus Christ est le chemin qui nous mène vers le Père, le seul, l’unique, et par l’amour nous ouvre à la fécondité de la vie par le don de l’Esprit. L’expérience de la rencontre passe par une personne mais invite à une communion d’expression à travers les trois personnes divines. La foi en Jésus est invitation à entrer dans la joie du Salut. Il vient nous sauver une fois pour toute. Rappelons-le, il a vaincu la mort et le péché et mis à terre Satan. Nul besoin de recourir à d’autres voies, c’est Jésus et lui seul qui nous sauve définitivement. Dans la foi, cela implique que nous ayons le visage tourné vers Lui pour vivre la volonté du Père et connaître la joie du don de l’Esprit. « C’est vers Lui que nous voulons tourner notre regard parce que c’est seulement en Lui, le Fils de Dieu, que se trouve le Salut, et nous renouvelons la proclamation de Pierre : «Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle»[i]. »[ii]. Illuminés par le Christ, nous marchons sur le chemin de lumière en renonçant aux obscurités de défiance, afin d’obtenir la couronne du Salut.

 

1.       La volonté de faire le choix de l’amour

Or l’amour demande de faire des choix et de nous abstenir de tout ce qui peut nous détourner de Dieu de manière subtile ou naïve, voire dans une attitude inconsciente. Faire les courses le dimanche empêche de rendre un vrai culte à Dieu en détournant son esprit de ce qui est l’essentiel, c’est-à-dire la prière et la vie fraternelle dans la louange, l’action de grâce et la joie de la gratuité de la rencontre. Et nous ne pouvons pas entrer dans une forme de relativisme qui dirait : de toute manière, la personne chez qui j’achète n’est pas chrétienne ou n’est pas pratiquante. Nous ne pouvons pas non plus nous réfugier dans « tout le monde le fait ». Le choix de l’amour demande une cohérence du témoignage. « La Parole est vivante, lorsque ce sont les actions qui parlent »[iii]. En effet la liberté que nous avons acquise en tant que fils et fille de Dieu n’est pas un passeport pour nous affranchir injustement de toutes les lois. Si c’est une notion qui demande une certaine subtilité spirituelle, d’autres, comme écouter les horoscopes ou les lire, indique par contre une défiance envers la providence de Dieu, même lorsque c’est « pour rire ». Il ne faut pas nous laisser polluer par l’esprit du monde et la désespérance d’un fatalisme indiqué par les étoiles. La folie de nos comportements vient jusqu’à contaminer la gratuité du temps et de l’espace de la rencontre, avec une course dans l’activisme, certains faisant deux à trois sports par semaine, courant les espaces de loisirs ou s’évertuant à fuir l’intériorité, par une recherche effrénée d’activités utiles à travers le travail ou la fuite de son habitation. Pour nous dans la foi, il ne doit pas en être de même car tous ces choix sont idolâtriques et ne respectent pas la vérité de l’amour. La transformation de notre vie s’ancre dans le changement de comportement pour revenir à l’essentiel et orienter notre volonté vers un meilleur bonheur. Ce qui implique de vivre des privations, non pour elles-mêmes, mais pour une fin meilleure.

 

La liberté que j’exerce dans ma vocation d’enfant de Dieu m’engage à faire des choix de vie.  « La foi au Christ est proposée à la liberté de l’homme »[iv] Comprenons-le pleinement. Parfois, j’ai en face de moi des choix qui peuvent paraître comme des biens, mais avec des options que ne me sont pas profitables. Il faudra bien que j’exerce la vertu de prudence pour effectuer, ce qui me pousse vers la grande espérance du Salut dans une recherche de paix intérieure et d’expérience de communion avec l’Esprit Saint dans la joie. Cela demande une écoute attentive pour entrer dans le dialogue et, en même temps, une volonté de connaître Dieu. « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. »[v] En fait mon équilibre intérieur provient du dialogue avec Dieu dans la vérité de la relation fraternelle. Il nous faut « promouvoir ce qu’on nomme les «valeurs du Royaume», telles que la paix, la justice, la liberté, la fraternité »[vi] et, dans la pratique, être en cohérence avec ses valeurs dans un ajustement, qui demande le discernement fraternel et un regard, certes de bienveillance, mais sans concession sur notre vie. Voir en nous la merveille que Dieu a faite, tout en pourchassant les affres du péché et en les extirpant par un travail de pénitence pour une purification qui laisse passer la grâce toujours première de Dieu.

 

2.   La difficulté des choix dans le sentimentalisme ambiant

 

Pourquoi faire des choix dans un monde parfois si relatif, où se brouillent les frontières entre ce qui est normal et ce qui est pathologique, entre les réalités biologiques et les théories de la relativité sexuelle, toujours orientées dans une vision individualiste sans recours au bien commun ? Tous nos choix qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux, doivent puiser dans la Parole de Dieu le sens premier ! Il doit y avoir une conversion de nos façons de penser, afin de mettre l’Evangile au premier plan, et non dans la sinistre sphère privative qui, en fait, est un contre témoignage. Si Dieu est premier dans ma vie, alors je dois le dire et le vivre. « L’église, en même temps qu’elle enseigne les exigences imprescriptibles de la loi divine, annonce le Salut, et ouvre par les sacrements les voies de la grâce, laquelle fait de l’homme une nouvelle créature, capable de répondre dans l’amour et dans la vraie liberté au dessein de son Créateur et Sauveur, et de trouver doux le joug du Christ[vii] »[viii]. La vraie liberté est de choisir ce qu’il y a de mieux pour nous, en étant fidèle au Seigneur afin de réaliser notre vocation propre d’enfant de Dieu. Et lorsque nous travaillons ensemble au respect de cette liberté fondamentale de choisir en toute chose la dignité de l’homme, nous travaillons au bien commun et c’est ainsi que nous faisons l’Eglise. Car la dignité de l’homme se réalise complètement dans l’action de grâce pour tous les bienfaits du Créateur. « L’Eglise propose, elle n’impose rien : elle respecte les personnes et les cultures, et elle s’arrête devant l’autel de la conscience. A ceux qui s’opposent, sous les prétextes les plus variés, à son activité missionnaire, l’Eglise répète : Ouvrez les portes au Christ ! »[ix] Chaque chrétien doit alors annoncer la mort et la résurrection du Christ jusqu’à l’attente de son retour dans la gloire. Cette annonce s’appelle le kérygme de la foi. Jésus nous sauve parce qu’Il s’est incarné et a partagé notre condition d’homme en vivant pleinement la volonté de Dieu. Enfin, par sa résurrection, Il nous offre le Salut éternel, d’où notre attente de son retour pour vivre cette joie d’être pleinement avec Lui. Ouvrir les portes de notre cœur au Christ, c’est ne pas Le laisser sur le seuil de la maison mais Le laisser embraser notre cœur, avec Lui partager le pain et le vin et courir annoncer la Bonne Nouvelle, Il est vivant. Tous nos choix prennent sens lorsque cette évidence de Dieu vient saisir chaque aspect de notre vie.

 

 

Il est vrai que le choix de Dieu provient de cette liberté trouvée en Lui. C’est bien au nom de cette liberté que je me prive de certaines choses afin de choisir ce qui est le mieux pour ma communion avec Dieu et la dignité de l’homme dans la réalisation de la fraternité. « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » Construire la civilisation de l’amour, rechercher le royaume des cieux, c’est fuir les situations de stérilité et d’enfermement. C’est refuser de laisser le tentateur envahir notre vie, et donc engager le combat spirituel. Le Diviseur veut nous maintenir dans toutes les formes d’esclavages possibles, que ce soit dans la fascination technique médicale, dans une approche du bioéthique, ou « si c’est possible cela doit être réalisé », dans la captation du temps à travers le travail ou la recherche éperdue de loisirs, que ce soit dans des fêtes sans fin ou l’utilisation catastrophique de toutes les formes d’écran. Notre temps doit être un indice de discernement de la place de Dieu dans notre vie. «  Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. » Notre première conversion à revivre chaque jour est bien de donner sens à tous nos actes. C’est de se poser la question : est-ce que Dieu est présent dans ce que je fais ?

 

3.   Les formes de l’idolâtrie.

 

Certes, dans ma vie, je suis parfois séduit par la vanité du monde. « Ainsi le monde moderne apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s’ouvre devant lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine »[x] Eclairé à la lumière de l’Evangile, il nous faut donc faire des choix d’enfant de Dieu et refuser l’oppression d’une culture tyrannique, n’admettant pas la contestation et faisant de l’homme un objet de production avant d’en faire un sujet lieu de relation.

 

Toutefois, la véritable relation idolâtrique est tout ce qui détourne de Dieu. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la Terre, ou dans les eaux par-dessous la Terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. »[xi]Quelles sont les trois formes d’idolâtrie ? Celle de vouloir posséder les cieux, celle de vouloir défier ce qui est terrestre et la plus terrible des trois, celle de trouver plaisir dans ce qui est en dessous de la terre, dans l’obscurité d’une recherche d’immédiateté des plaisirs et de propagation du mal. Le cynisme entre dans cette volonté d’aplatir la morale pour justifier avec relativité ce qui se passe. Si l’on voulait résumer, c’est vouloir mettre la main sur Dieu, vouloir être comme des dieux et rechercher à être odieux dans une forme de perversité spirituelle. Il ne s’agit pas simplement du désir du regard ou de la convoitise de la chair, mais de s’adonner à des forces occultes, d’abord pour voir, ensuite pour acquérir des puissances qui nous détruisent de l’intérieur. Le premier orgueil est le refus de la réalité. C’est pourquoi « l’homme prend conscience que, de lui, dépend la bonne orientation des forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le servir »[xii] Et cela demande un effort de chacun afin de nous reposer sur le choix de Dieu en toute chose. En effet, ce n’est pas de l’évidence mais de la grâce. Naturellement l’homme est orienté vers la beauté de l’amour et la bonté de la relation, et en chacun de nous cette flamme continue de brûler, parfois endormie ou étouffée par l’immondice du péché, néanmoins elle demeure toujours là et n’attend qu’un réveil de notre conscience pour laisser agir la grâce.

 

Ne soyons pas juge des autres, mais laissons-nous transformer par la Parole et saisir par la prière pour marcher à la suite de Jésus. L’Eglise, notre communauté, nos paroisses ont besoin de saints. Sanctifions-nous dans l’écoute de la Parole et l’amour de Dieu que nous recevons  ; mettons en actes et témoignons de ce que nous croyons et vivons pour être auprès de nos frères une lampe sur la route de l’humanité.

 

4.    «  L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse »

 

« L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse. » La vie d’enfant de Dieu se comprend dans le souffle de l’Esprit, à l’écoute des motions intérieures, c’est-à-dire de ce que l’on ressent au plus profond de soi. Et, lorsque nous nous sentons faibles et désemparés, c’est Lui qui nous donne la force de prier dans l’espérance, d’agir dans la charité et de témoigner dans la foi. La Personne Don nous envoie les grâces nécessaires à la sanctification de notre âme, c’est-à-dire à l’ajustement à la volonté de Dieu pour y trouver paix et joie. Et saint Paul nous rappelle l’importance de la vie de l’Esprit. « A ses yeux, ce n’est pas seulement l’esprit humain, grâce à qui l’homme est un sujet personnel, qui fait la dignité du corps humain. Mais c’est la réalité surnaturelle de l’Esprit Saint qui habite et demeure dans l’homme – dans son âme et dans son corps, comme le fruit de la rédemption opérée par le Christ – qui fait cette dignité. »[xiii] et nous renforce dans la prière. C’est vrai que notre prière est bien imparfaite, submergée par des choses qui ne sont pas, c’est vrai que nos propres désirs sont parfois noyés dans cette contemplation de Dieu et nous fourvoient, comme si la prière était un lieu de magie et non de don et de joie de Dieu. Mais c’est justement cette vie dans l’Esprit Saint qui oriente tout notre être vers la contemplation de Dieu et la découverte de la vérité tout entière.

 

Il nous conduit dans le don à d’abord savoir recevoir. Accepter de dépendre de Dieu et comprendre que la relation est d’abord offrande. Ensuite, Il nous invite à faire fructifier le don en nous et à en prendre possession afin de le rendre fécond, un peu comme une pâte : une fois que le levain de la grâce nous a été donné, c’est à nous de malaxer et de composer ce qui fera notre talent de co-créateur. Puis viendra le moment de partager le mets que nous avons préparé, comme dans la grâce, le temps du témoignage.

 

L’offrande, lieu du témoignage vivant

 

L’offrande se vit dans le témoignage de notre relation au Christ. Le don entre dans cette triple manifestation d’accueillirDieu dans son amour, de recevoir le Salut de lui et de témoigner dans le souffle de l’Esprit. Nous comprenons que la Personne Don est à chaque moment de notre vie spirituelle présente de différentes manières, pour nous faire entrer en communion avec un seul et même Dieu. A travers ce dialogue et la conscience de notre dignité propre, nous saisissons « la source du devoir moral qui découle »[xiv] de notre dignité. « Dieu qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit » car le Père nous envoie l’Esprit afin de marcher sur le chemin du Salut ouvert par le Fils. La première attitude que nous avons à vivre est donc de nous offrir dans l’amour, pour témoigner de cette liberté intérieure qui fait de nous des fils et des filles de lumière. L’amour est lieu de réalisation de la communion. A travers notre vie, voyons comment nous pouvons accueillir nos frères et donner notre temps gratuitement, comment nous pouvons le recevoir en vivant l’instant présent et en témoigner dans une joie communicative.

 

La civilisation de l’amour

La force essentielle et fondamentale de notre prière se trouve justement dans l’amour greffé dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Attentif à tout notre être, l’Esprit Saint intercède pour nous laisser embraser par sa présence et recevoir Dieu dans notre vie afin de nous laisser transformer. « En effet, l’Esprit est la puissance intérieure qui met leur cœur au diapason du cœur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés »[xv] Ce même Esprit nous rend témoin de l’amour du Père, nous faisant ainsi comprendre que nous sommes tous frères. La construction de la civilisation de l’amour est d’abord la révélation d’une fraternité d’une part, fécondée par une recherche de communion d’autre part, qui doit être rendue visible aux yeux de touspour accueillir tous les témoins. L’intelligence de la relation nous entraîne à une pureté de la rencontre, c’est-à-dire sans appétit sensible de pouvoir ni de rapport de domination, sans appétit sensible de séduction, comme lieu d’autocentrement, mais justement attentif aux autres et notamment aux plus petits, qui disent quelque chose de notre propre fragilité. Enfin, ne pas être sensible à l’appétit de la chair, regardant l’autre comme un objet avant de le voir comme sujet du royaume de Dieu. « Comprise comme une capacité, la pureté est précisément l’expression et le fruit de la vie dans l’Esprit Saint, dans tout le sens du terme. C’est une capacité nouvelle de l’être humain, dans laquelle l’Esprit Saint porte du fruit. »[xvi] Le témoignage est le meilleur signe de conversion pour nos frères. L’appel à la sainteté n’est pas inatteignable, ni un projet de route sans penser atteindre le but, mais bien l’ajustement de notre amour à l’amour de Dieu, avec nos limites, mais secourus par sa grâce. « Puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. ». Nous ne sommes pas seuls, ni pris au piège, l’Esprit est là pour nous aider à gagner en liberté en nous aidant à choisir ce qu’il y a de mieux pour nous. La liberté de l’amour trouve son plein épanouissement dans une vie où l’Esprit est présent.

5.   « L’appel universel à la sainteté »[xvii]

 

L’appel à la sainteté est une juste cohérence avec notre vocation de fils de Dieu. « L’Esprit Saint répand la sainteté partout, dans le saint peuple fidèle de Dieu, car « le bon vouloir de Dieu a été que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté »[xviii]. »[xix] La recherche du royaume entre dans cette recherche de la vérité de l’amour, c’est-à-dire non seulement découvrir comment aimer le mieux, mais bâtir cette civilisation d’un amour toujours présent dans nos rapports et dans notre vie. C’est aussi de l’ordre du combat spirituel, nous le savons bien, car l’Adversaire essaye d’embrouiller la relation afin de mieux nous diviser, laissant les pensées errer dans le relativisme des positionnements. En même temps, l’aide de l’Esprit Saint et notre docilité à sa grâce nous donnent une liberté intérieure où la paix règne pleinement et une relation aux frères d’où rayonne notre joie profonde. « Dans l’Église, tous, qu’ils appartiennent à la hiérarchie ou qu’ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté selon la parole de l’apôtre : « Oui, ce que Dieu veut c’est votre sanctification »[xx]

 

Puisque nous avons été baptisés grâce à la mort et à la résurrection du Christ qui est venu nous sauver une fois pour toutes, laissons-nous porter par les fruits dans notre vocation de prêtre, prophète et roi. Or, si le prêtre est le chemin de la prière, et le prophète celui du témoignage, le chemin de royauté est celui de la sainteté, cette liberté de nous ouvrir à Dieu et de le choisir sans relâche, sans se décourager mais avec le secours de l’Esprit Saint. « La mesure de la sainteté est donnée par la stature que le Christ atteint en nous, par la mesure dans laquelle, avec la force de l’Esprit Saint, nous modelons toute notre vie sur la sienne »[xxi]. Laissons-nous aimer par Dieu, sauver par le Christ et guider par l’Esprit Saint afin d’entrer dans cette communion voulue par Dieu dans la liberté de notre réponse.

 

Conclusion

 

            La question du choix de Dieu demande la vérité de notre vie, et l’appel au témoignage qui y est conjoint. « À travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n’y a qu’une seule sainteté cultivée par tous ceux que conduit l’Esprit de Dieu et qui, obéissant à la voix du Père et adorant Dieu le Père en esprit et en vérité, marchent à la suite du Christ pauvre, humble et chargé de sa croix, pour mériter de devenir participants de sa gloire. »[xxii] Il nous faut témoigner du Christ et vivre cette réalité du Salut et de ce que cela change dans notre vie. L’appel à la sainteté est donc le chemin de réalisation de notre vocation baptismale, certes, mais aussi un ajustement de tout notre être pour vivre notre foi dans l’intégration de notre âme et de notre corps et le respect des équilibres nécessaires à la réalité de nos limites. La sainteté est l’expérience de Dieu dans notre vie et le prolongement de sa grâce dans l’oblation de notre être. Chasser tout esprit idolâtrique et recevoir l’Esprit Saint demandent alors de faire la vérité dans notre vie et d’opérer des choix qui ne dépendent que de nous. Ne rendons pas Dieu responsable de nos propres turpitudes. Que tous nos choix soient orientés vers le Christ, ce qui demande un discernement, non de ce qu’aimerait le Christ, mais de ce qui serait juste pour Lui. Parfois nous prêtons à Dieu des demandes qui ne viennent pas de Lui. L’accompagnement spirituel nous aide à discerner ce qu’il nous faut vivre réellement, et la prière dans la méditation de la Parole nous conduit dans les verts pâturages du Bon Berger. Rappelons-nous toujours qu’il nous faut avoir l’audace de l’Evangile pour annoncer cette joie de Dieu autour de nous. « Pour un chrétien, il n’est pas possible de penser à sa propre mission sur Terre sans la concevoir comme un chemin de sainteté, car « voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification »[xxiii]. Chaque saint est une mission ; il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile. »[xxiv]

 

 

Père Greg BELLUT

Curé de St Charles Borromée

22 juillet 2020

 

 

 

[i] Jn 6,68 cf. Ac 4,8-12

[ii] &7 Redemptor Hominis

[iii] Saint Antoine de Padoue

[iv] &7 titre – Redemptoris Missio

[v] Dt 6,4

[vi] &17 Redemptoris Missio

[vii] Cf Mt 1 1, 30.

[viii] &25 Humanae Vitae

[ix] &39 Redemptoris Missio

[x] &9/4 Gaudium et Spes

[xi] Ex 20,2-5a

[xii] &9/4 Gaudium et Spes

[xiii] TDC 56/3

[xiv] TDC 56/3

[xv] & 19 Dieu est amour

[xvi] TDC 56/2

[xvii] &40 Lumen Gentium

[xviii] &9 Lumen Gentium

[xix] &6 Gaudete et exsultate

[xx] &39 Lumen Gentium

[xxi] Benoît XVI, Audience générale (13 avril 2011), in : L’Osservatore Romano, éd. en langue française (14 avril 2011), n. 15, p 2 in Gaudete et exsultate

[xxii] &41 Lumen Gentium

[xxiii] 1 Th 4, 3

[xxiv] &19 Gaudate et esxultate