2020, Août. Lettre mariale

« Je te salue, accomplie en grâce,  le Seigneur est avec toi.»[i]

            La salutation de l’ange à Marie nous invite à méditer le passage entre la salutation de la royauté de Marie sur Terre, comme déjà promise pour le Ciel. De la fête de l’Assomption (15 août) à la fête de Marie Reine, autre nom de Notre-Dame Royale (22 août), nous sommes invités à comprendre l’autorité dans l’humilité du service. « L’humilité est une puissance secrète que les saints reçoivent…Cette puissance en effet n’est donnée qu’à ceux qui parviennent à la perfection de la vertu par la force de la grâce. (…) La puissance est l’humilité. Et la puissance d’en haut est le Paraclet, c’est-à-dire l’Esprit Consolateur. »[ii] La Vierge Mère, tout au long de sa vie, nous apprend que la Puissance de Dieu se vit pleinement dans l’amour du service et du don toujours offert à qui demande. La grâce de Dieu n’est pas captive de nos propres forces, mais dans l’échange à la source inépuisable de l’amour dans le cœur sacré du Fils de Dieu. La vie humaine est renouvelée par l’incarnation du Christ et Marie par son oui a réalisé l’espérance des hommes dans la promesse d’alliance de Dieu. « La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d’espérance »[iii] et Marie en est un modèle dans l’œuvre de création et préfigure l’éternelle civilisation de l’amour auquel nous sommes tous appelés par le don et l’écoute de la Parole. Une joie de la communion promise à tous sans aucun mérite de notre part, mais par pure grâce de l’Esprit Saint.

            Si Marie est le chef d’œuvre de la grâce, comme un rayonnement de l’œuvre de Dieu pour l’humanité dans sa nouvelle alliance, c’est à cause de son oui qui ouvre les portes de l’Incarnation d’une manière unique. Le rayonnement de la grâce, loin de garder cela pour soi, propage à chacun ce don de Dieu, réchauffe les cœurs, éclaire les âmes et invite à être à l’écoute du Verbe qui s’est fait chair et a habité parmi nous. Le Salut de Marie prend racine dans la disponibilité de son oui, mais en même temps nous entraîne à dire Oui au Seigneur pour notre propre vie, elle aspire à ce que nous suivions cet exemple unique et témoigne de la promesse de Dieu dans l’Assomption. Cette royauté de Marie est à comprendre comme un accueil complet de Dieu et de son projet d’amour dans une disponibilité totale à sa grâce pour laisser la lumière de Dieu éclairer le monde par le prisme de sa vocation propre et l’accueil de la Parole. « La Mère du Christ est en effet glorifiée comme «Reine de l’univers»[iv]. Celle qui s’est déclarée «servante du Seigneur» à l’Annonciation est restée, durant toute sa vie terrestre, fidèle à ce que ce nom exprime, se confirmant ainsi véritable «disciple» du Christ, qui avait fortement souligné le caractère de service de sa mission »[v]. La royauté de Marie est indissociable de l’Assomption et de l’Annonciation, car tout est lié à la volonté de suivre l’alliance avec Dieu et l’accomplir dans sa vie par l’obéissance à la Parole et l’écoute dans le dialogue de ce que Dieu révèle. « Toute l’existence de Marie est une invitation faite à l’Église d’enraciner son être dans l’écoute et l’accueil de la Parole de Dieu, car la foi n’est pas tant la quête de Dieu par l’être humain, que plutôt la reconnaissance par l’homme que Dieu vient à lui, le visite et lui parle. »[vi] Marie est un chemin de foi à travers son histoire, elle invite chacun à contempler le Christ pour avancer avec confiance. Une disponibilité à la grâce qui accueille avec humilité la Parole et reste fidèle malgré les épreuves et les combats spirituels. Cette disponibilité ouvre à la louange, parce que nous sommes ainsi réceptifs aux dons que Dieu nous permet de vivre dans notre vie. « La référence à Marie, avec une disponibilité à l’écoute, à l’accueil, à l’humilité, à la fidélité, à la louange et à l’attente, situe l’Église dans la continuité de l’histoire spirituelle d’Israël. »[vii]

1. « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu »

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » La 9e béatitude nous fait entrer directement dans le mystère de Marie, parce que son oui a été le signe de son obéissance par amour, de sa fidélité dans la foi et de l’espérance du Salut. Le Oui de Marie dit en permanence est ce lien unique de l’œuvre de la grâce dans l’histoire des hommes et marqué par l’unicité de l’Assomption, c’est-à-dire la montée corps et âme de la Vierge Marie, la Théotokos. Comme cela été prévu pour nos premiers parents dès l’origine, elle participe à la promesse d’alliance sans connaître la corruption du corps, qu’elle a sauvegardé toute sa vie du péché. Ce n’était pas de l’ordre de l’évidence puisque nos parents des origines ont échoué, mais elle a su garder la lumière de la foi, maintenir son amour de Dieu, Le désirer dans son histoire et espérer cette communion promise à la fin de notre vie terrestre. Marie est bien la première des disciples et, Mère de l’Eglise, elle nous encourage à servir ce qui par conséquent appelle à vivre l’obéissance : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. ». C’est la porte d’entrée de notre communion avec Dieu, du partage et du témoignage. « L’homme a besoin d’être à nouveau éduqué à l’émerveillement et à reconnaître la beauté authentique qui se manifeste dans les choses créées[viii]. »[ix] Le service est le lieu de réalisation de la civilisation de l’amour lorsqu’il se vit dans l’obéissance aux Ecritures et la foi en la Parole. Une éducation à l’amour qui se vit dans la contemplation. L’émerveillement de la Parole ouvre à la joie de la rencontre et au témoignage par la vérité de la relation.

La vraie fécondité est d’écouter la Parole de Dieu. C’est à partir de cette écoute fervente que l’on peut comprendre les signes qui nous sont donnés. La Parole est vie, lorsqu’elle se vérifie dans notre intérieur et rayonne à l’extérieur par nos actes et nos paroles. « Jésus indique la vraie grandeur de Marie, en ouvrant ainsi à chacun de nous la possibilité de cette béatitude qui naît de la Parole écoutée et mise en pratique… notre relation personnelle et communautaire avec Dieu dépend de l’accroissement de notre familiarité avec la Parole divine. »[x] L’écoute de la Parole est[xi] une aventure intérieure et le cheminement spirituel qui nous fait encore plus désirer Dieu. A travers la Parole, la révélation devient une rencontre personnelle, un cheminement dans la vérité et elle féconde tous nos instants de sa présence. Marie dans les Evangiles parle très peu, elle signifie cette intériorité qui demande d’écouter vraiment et de se rendre disponible à l’action de Dieu dans notre vie, même si nous ne comprenons pas toujours. La Parole nous appelle à une conversion pour reconnaître l’amour de Dieu au service de nos frères. L’aventure spirituelle n’est pas quelques mots, comme dans un conte pour les petits enfants, mais une réalité à découvrir, à vivre pleinement et à partager. Il est vivant ! « Notre temps doit être toujours davantage le temps d’une nouvelle écoute de la Parole de Dieu et d’une Nouvelle Évangélisation. »[xii]

Avec Marie nous sommes comme attirés dans les bras de Dieu, elle nous invite à suivre son Fils pour connaître le bonheur d’une Parole qui n’est que communion, une Parole qui créé et ajuste toutes les situations dans le bonheur éternel. « À la plénitude des temps, la Parole de Dieu s’est adressée à Marie, et elle l’a accueillie avec tout son être, dans son cœur, pour qu’elle prenne chair en elle et naisse comme lumière pour les hommes. …Marie, en acceptant le message de l’Ange, a conçu « foi et joie »[xiii] » et, à sa suite en cette fête de l’Assomption, nous sommes appelés à élever notre corps et notre âme sous le plein regard de Dieu c’est-à-dire nous fonder sur la foi transmise par les Ecritures et vivre notre joie dans l’action de grâce pour tous les bienfaits. La disponibilité à Dieu fortifie notre désir de vivre l’union avec Lui pour l’éternité, et la Parole nous guide à l’exemple de la réception de Marie qui n’a été que oui à tout instant. « Nous avons écouté par grâce l’annonce que la vie éternelle s’est manifestée, afin que nous reconnaissions que nous sommes en communion les uns avec les autres, avec ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi et avec tous ceux qui, répandus à travers le monde, écoutent la Parole, célèbrent l’Eucharistie, vivent le témoignage de la charité. »[xiv] Le don de Jésus Christ dans l’incarnation continue de se vivre avec Marie, comme modèle des croyants. Une merveille de Dieu qui suscite notre prière et supporte notre ferveur pour toujours être plus en communion avec Dieu. Marie loin de nous éloigner de Dieu au contraire, nous appelle à le suivre en toute chose. Elle facilite notre relation spirituelle, invite à l’écoute de l’Esprit Saint par la docilité de notre vie, et nous invite à contempler le Père dans la vérité de l’amour c’est-à-dire la libre obéissance à sa volonté. Marie facilite notre rencontre avec Dieu en nous invitant à suivre son Fils, et donne l’exemple par sa vie et ses œuvres, c’est comme une redécouverte de l’amour que Marie facilite par sa présence, mais qui ne cache jamais la grâce accordé par Dieu. Elle est témoin de l’action de Dieu dans sa vie et la vie des hommes. Avec Marie, le Christ nous invite à recevoir l’Esprit Saint pour le suivre avec ardeur et faire l’expérience de cette beauté de Dieu qui se dévoile à tous ceux qui veulent le suivre, partageant ainsi la joie des témoins. Car la vraie joie est de reconnaitre Jésus au milieu de nous et d’être fidèle à ce témoignage tout au long du chemin.

2. La joie de Marie, un bonheur pour tous

Le bonheur de vivre en Christ ouvre à la joie de l’eucharistie. « Marie est la grande Croyante qui, pleine de confiance, se met entre les mains de Dieu, s’abandonnant à sa volonté. »[xv] A sa suite nous sommes appelés à vivre notre foi, non dans la tiédeur de notre culture, mais dans la vigueur de nos communautés au service de nos frères. Trop souvent notre témoignage de la foi est minimaliste afin de ne pas choquer l’autre, ou dans un minimalisme d’expression afin de ne pas sortir du rang. La célébration eucharistique n’est pas de l’ordre de l’obligation, mais bien de celle du désir permanant d’être ajusté à Dieu et de trouver les forces nécessaires pour persévérer. Si Dieu est mon bonheur, il faut accepter de nager à contre-courant pour montrer le chemin du Salut et accueillir la grâce de la communion parfaite. « Par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, que l’Esprit Saint allume en nous la même ardeur dont les disciples d’Emmaüs firent l’expérience[xvi] et qu’Il renouvelle dans notre vie l’émerveillement eucharistique pour la splendeur et la beauté qui resplendissent dans le rite liturgique, signe efficace de la beauté infinie elle-même du saint mystère de Dieu. »[xvii] Ils retournent à Jérusalem pour annoncer le Vivant, nous devons nous retourner vers nos frères, pour les inviter à la joie de la rencontre véritable, sans peur, et avec audace dans l’intelligence de la foi, la vérité de l’amour et la grande espérance du Salut, promis pour l’éternité.

Marie est l’exemple du disciple parfait qui écoute la Parole et nous invite à suivre le Fils dans le souffle de l’Esprit Saint pour nous mener au Père. Une fécondité spirituelle à laquelle nous sommes tous invités à contribuer, chacun selon ses propres talents. « Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. »[xviii] Que Marie nous accompagne sur le chemin de conversion que nous avons à faire et de transformation de notre vie pour être dociles à la grâce, et cela commence par la louange. « Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ. »

3.  « D’où m’est-il donné ? »

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » L’interrogation d’Elisabeth se répercute au long des âges, comme une question pour chaque croyant. La prière mariale n’est pas un devoir ou un rajout à la foi au Dieu Trinité, elle est un cadeau que Dieu fait en nous donnant Marie comme Mère. Un rajout, alors que nous avons déjà toute la grâce en Dieu. Marie par son oui à Dieu dans le dessein de son amour et sa confiance tout au long de l’histoire, nous montre le chemin de la perfection. En lui donnant la main, comme une Mère elle nous conduit au Christ et à la communion trinitaire. En servante de Dieu, et en créature complètement unie à la grâce par son obéissance constante et sa volonté d’être en communion avec Dieu, elle nous révèle notre condition d’homme sauvé par la grâce et le chemin qu’il nous faut suivre dans la foi, afin de connaître la grande espérance du Salut et vivre ainsi pour toujours l’amour donné par Dieu. Mère de tout homme et mère de l’Eglise, elle vient à nous pour nous apprendre à recevoir la révélation du Sauveur et vivre une vie de l’Esprit Saint afin de marcher vers le Père. « Marie, sous le nom de Mère de l’Eglise, indique d’une manière plus profonde la caractéristique de son union avec l’Eglise, et de sa sollicitude pour le monde pour l’humanité, pour chaque homme, pour toutes les nations : sa maternité. »[xix] La bénédiction de Dieu est féconde dans l’obéissance à la Parole avec empressement et la rencontre en vérité sous l’action de l’Esprit Saint.

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » A travers la parole d’Elisabeth, il y a un discernement dans l’Esprit Saint de ce que vit Marie, qui aboutit à l’action de grâce « Mon âme exalte le Seigneur. » Non seulement Elisabeth reconnaît en Marie l’Incarnation du Verbe, mais elle permet d’authentifier ce que vit Marie, dans le discernement fraternel. D’où l’exclamation de joie qui bondit du cœur d’Elisabeth, elle dont le mari n’a pas cru aux paroles de l’ange et qui est resté muet neuf mois jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste. Une joie de l’inattendu de la rencontre et de la sollicitude de Dieu pour elle, malgré son grand âge, d’avoir quelqu’un qui se met à son service. Toute révélation de Dieu et vie spirituelle aboutit à un service de la charité non sans témoigner de ce qui nous fait vivre, laissant ainsi résonner l’invitation de l’évêque de Rome. « Ayez le courage de vos convictions, le courage de professer ouvertement votre foi, quel que soit le poste auquel la Providence vous a placé… Partout où vous êtes, donnez l’exemple d’un catholique conscient de sa foi, qui en connaît la doctrine, qui en observe la loi qui sait la soutenir et au besoin la défendre »[xx] La dévotion mariale n’est pas un folklore de la foi catholique, ni d’ailleurs le message principal. Certes nous annonçons Jésus Sauveur, certes l’Incarnation du Christ et sa Parole inondent notre vie de la grâce de la Rédemption, mais le mystère de l’Assomption ouvre l’horizon de notre cœur au principe des réalités spirituelles : plus je suis en phase avec la Parole, plus je suis conduit par la communion de l’amour pour l’éternité. La prière mariale est alors ce principe de réalité de notre humanité, transcendé par le Salut du Christ Sauveur. Marie est comme une aînée dans la foi qui ouvre les limites humaines à la grandeur de Dieu et nous montre comment faire. Prier Marie revient alors à reconnaître l’œuvre du Salut de Dieu et dénigrer Marie revient à pécher contre l’Esprit Saint. Marie vient jusqu’à moi pour m’aider à écouter son Fils et vivre de la vie de Dieu. Elle n’est pas le Chemin, puisque c’est le Christ, elle chemine avec nous sur le chemin de Dieu et nous invite à l’écoute.

 « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Cette exclamation introduit à la louange de Marie dans son Magnificat. « La Vierge dans son humilité professe la distance incalculable, métaphysique qui sépare les créatures du Créateur ; honorer Marie, c’est honorer le Christ, c’est honorer Dieu. »[xxi] Nous sommes invités dans la prière mariale à nous faire accompagner par l’amour maternel afin de faire les pas qui nous mènent au Salut, dans le souffle de l’Esprit Saint. « Marie, qui a su découvrir la nouveauté que Jésus apportait, chantait : « Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur »[xxii] et Jésus lui-même « tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint »[xxiii]. »[xxiv] Reconnaître les fruits de l’Esprit Saint dans notre vie, c’est l’accueillir pleinement pour ce qu’ils sont et ainsi pouvoir en témoigner autour de nous comme Marie auprès d’Elisabeth. Cette vie de l’Esprit nous ouvre alors à l’héritage promis par la grande espérance du Salut et Marie, d’une manière unique, est montée au Ciel corps et âme afin de pouvoir connaitre pleinement la joie de Dieu. Cette joie intérieure, qui nous rend capables d’accueillir les dons de Dieu dans notre vie et d’être à l’écoute de l’inattendu de Dieu dans notre histoire. Le mystère de la joie est justement cette pleine disponibilité à la relation. Ce n’est pas une joie tournée vers soi-même mais toujours offerte pour l’autre, tournée vers l’autre, accueillant l’autre dans la gratuité du moment. Il y a alors une intégration complète de la joie intérieure avec la joie extérieure nous faisant participer à la civilisation de l’amour et avec Marie connaître la joie du Salut par Jésus le Christ, notre Seigneur. La joie est fruit de l’Esprit Saint, mais elle signifie surtout cette pleine communion avec le Dieu d’amour et l’ajustement de notre vie dans cet amour qui n’est que joie, ou qui fait naître la joie et devient ainsi inséparable de l’amour. La joie et l’amour nous amènent alors à reconnaître une paix inébranlable car fondée sur la joie et l’amour, une paix dans cet équilibre en Dieu qu’Il partage avec nous et nous invite à en témoigner à la suite de Marie.

Synthèse

« L’Assomption de Marie est comme la couronne de tous les mystères qui ont fait de la vie de la Vierge quelque chose de tout à fait particulier et unique. »[xxv] Pour certains d’entre nous, il faut remettre Marie dans notre vie de prière, comme une mère qui nous accompagne vers le Fils pour le Salut promis. Comme nous le chantons dans le Regina Coeli, la Reine du Ciel est celle qui s’est réjouie en la présence du Seigneur et a fait de cette bénédiction un lieu de prière pour tous les hommes invités à suivre son Fils bien aimé. La joie de Marie, est comme la joie de Dieu, une annonce de l’avènement de la promesse du Salut pour tous. « Le fait d’être gratifié d’un don fait partie de l’espérance. Dieu est le fondement de l’espérance – non pas n’importe quel dieu, mais le Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu’au bout – chacun individuellement et l’humanité tout entière. »[xxvi] Marie, par l’Annonciation et l’Assomption, redit cette promesse du Salut par son oui permanent qui nous permet d’accueillir le Sauveur dans notre humanité. On peut dire que la vérité de la Parole de Dieu illumine toute la vie de Marie et en fait un chant de louange. « Il faut tout particulièrement implorer la Vierge Marie, femme selon le cœur de Dieu, « bénie entre toutes les femmes »[xxvii], choisie pour révéler à l’humanité, hommes et femmes, la voie de l’amour. C’est de cette manière seulement que peut apparaître en tout homme et en toute femme, en chacun selon sa grâce propre, l’« image de Dieu » qui est l’effigie sainte dont ils sont marqués[xxviii]. »[xxix] Soyons nous-mêmes dans l’action de grâce pour tous les bienfaits de Dieu dans notre vie et l’émerveillement de la rencontre. « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

22 aout 2020 – Père Greg – Curé

Saint Charles Borromée – Joinville-le-Pont

Doyenné de Saint-Maur – Joinville – Diocèse de Créteil

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Sources :

  • [i] Lc 1,28
  • [ii] Saint Isaac le Syrien
  • [iii] &49 Spe Salvi
  • [iv] « Ibid.,& 59
  • [v] &41 Redemptoris Mater
  • [vi] &15 place de la femme – mai 2004 Ratzinger
  • [vii] Ibid &16
  • [viii] Cf. Benoît XVI, Exhort. apost. post-synodale Sacramentum caritatis (22 février 2007), n. 92 : AAS 99 (2007), pp. 176-177.
  • [ix] &108 Verbum Domini
  • [x] &124 Verbum Domini
  • [xi] &58 Lumen Fidei
  • [xii] &122 Verbum Domini
  • [xiii] Cf. Dialogus cum Tryphone Iudaeo, 100,5 : PG 6, 710.
  • [xiv] &123 Verbum Domini
  • [xv] &33 Sacramentum Caritas
  • [xvi] cf. Lc 24, 13-35
  • [xvii] &97 Sacramentum Caritas
  • [xviii] &124 Verbum Domini
  • [xix] P 119 La dévotion à Marie
  • [xx] Pie XII à la jeunesse féminine de Rome 12 mai 1946
  • [xxi] Paul VI Angélus du 15 août 1973
  • [xxii] Lc 1, 47
  • [xxiii] Lc 10, 21
  • [xxiv] &124 Gaudete et exsultate
  • [xxv] Paul VI, homélie du 15 août 1977
  • [xxvi] &31 Spe Salvi
  • [xxvii] Lc1,42
  • [xxviii] cf. Gn 1,27
  • [xxix] &17 place de la femme – mai 2004 Ratzinger